« Rien ne justifie le meurtre et la mutilation dâenfants »
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James Elder est le porte-parole de lâ ##UNICEF, lâagence de lâOnu dĂ©diĂ©e Ă lâenfance. Ancien grand reporter, il est lâun des rares responsables Ă pouvoir se rendre Ă Gaza notamment. Il alerte sur le sort des enfants sur place et dans la rĂ©gion.
MalgrĂ© lâannonce dâune trĂȘve rĂ©gionale, la situation reste trĂšs tendue au #MoyenOrient, notamment au Liban. Alors que le cycle de violences dans la rĂ©gion semble sans fin, James Elder exprime ses inquiĂ©tudes pour les enfants de lâensemble du Moyen-Orient, qui figurent parmi les premiĂšres victimes de ces conflits.
Plus de 2 000 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es en quelques semaines au #Liban, dont de nombreux enfants. Craignez-vous que le sud du pays subisse le mĂȘme sort que #Gaza ?
Nous avons dâĂ©normes craintes pour les enfants au Liban. Le jour mĂȘme oĂč la trĂȘve a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e en Iran, IsraĂ«l a tuĂ© 33 enfants au Liban, et plus de 170 depuis le 28 fĂ©vrier. Les infrastructures civiles â je parle des hĂŽpitaux, des Ă©coles, de ces choses essentielles dont dĂ©pendent les enfants, les systĂšmes dâassainissement de lâeau, etc. â ont Ă©tĂ© attaquĂ©es, endommagĂ©es, dĂ©truites. Rien ne justifie le meurtre et la mutilation dâenfants ou la destruction et la perturbation de ces services essentiels dont ils dĂ©pendent.
En #Iran, les enfants aussi sont touchés. Environ 200 mineurs ont été tués depuis le 28 février. Votre organisation est-elle active dans le pays ?
Oui, nous sommes prĂ©sents. Câest un programme modeste (8 millions de dollars), mais crucial dans les domaines de lâĂ©ducation et de la protection. Nous avons dĂ©ployĂ© des cliniques mobiles dans le secteur de la santĂ© et dans le domaine de la protection de lâenfance. Nous soutenons aussi les centres de soins alternatifs. Lâeau et lâassainissement sont absolument essentiels : nous avons distribuĂ© des dizaines de milliers de pastilles de purification dâeau, des kits dâhygiĂšne, notamment pour les femmes et les mĂ©nages, et mis Ă disposition des camions-citernes. Nous offrons Ă©galement une aide financiĂšre directe.
MalgrĂ© cela, nous ne parvenons pas Ă rĂ©pondre aux besoins de la population en regard de la gravitĂ© de la situation et des attaques subies. Notre personnel et leurs collĂšgues endurent les mĂȘmes difficultĂ©s que les Iraniens au quotidien. Nous constatons deux choses : dâune part, des atteintes au droit international humanitaire, de lâautre, une rĂ©duction des financements. Câest le revers de la mĂ©daille, lâautre face dâune mĂȘme piĂšce en termes de recul moral.
Si lâon prend lâexemple du Liban, nous avons un vaste programme de soutien aux hĂŽpitaux, aux abris, Ă lâaccĂšs Ă lâeau, Ă lâassainissement et aux Ă©quipes mĂ©dicales mobiles. Notre actuel plan dâintervention sur place sâĂ©lĂšve Ă 48 millions de dollars, il vise Ă venir en aide Ă un million de personnes. Pourtant, Ă ce jour, seulement 16 % de ce financement a Ă©tĂ© reçu. Or, les besoins sont immenses, sans prĂ©cĂ©dent, de mĂȘme que pour des populations qui, dans le cas de lâIran, ne se sont pas encore remises des attaques de septembre 2024.
Vous ĂȘtes lâun des seuls reprĂ©sentants dâorganisation internationale autorisĂ© par IsraĂ«l Ă vous rendre rĂ©guliĂšrement dans la bande de Gaza. Que pouvez-vous dire sur lâĂ©volution de la situation sur place ?
Jâai effectuĂ© sept missions Ă Gaza depuis les terribles attaques du 7 Octobre. Câest un endroit incroyablement difficile. Mon expĂ©rience sur place a Ă©tĂ© diffĂ©rente suivant les pĂ©riodes. Chaque nuit, on entend la violence des attaques incessantes. On rĂ©alise Ă quel point les bombes tombent prĂšs de nous. Pendant la journĂ©e, on se rend dans les hĂŽpitaux, entourĂ© dâenfants atrocement blessĂ©s par la guerre. Parfois, on est confrontĂ© Ă lâhorrible vision de petits garçons et de petites filles blessĂ©s par des Ă©clats dâobus, brĂ»lĂ©s. On entend leurs cris parce quâil nây a pas assez dâantidouleurs.
Les familles vivent toujours sous des tentes, sans intimitĂ©, sans dignitĂ©, leurs maisons sont dĂ©truites. On parle de gens qui avaient non seulement des maisons, mais aussi des rĂ©sidences secondaires, et qui vivent maintenant sous des tentes depuis trĂšs longtemps. Durant une longue pĂ©riode, la famine sâest installĂ©e, la gravitĂ© de la situation est extrĂȘme. Câest difficile pour tout le monde, pour mes collĂšgues, pour les Palestiniens que jâai rencontrĂ©s, pour tous ceux qui sont lĂ -bas. Sâil y a des pĂ©nuries alimentaires, tout le monde en souffre.
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