#HandicapInternational - Humanity & Inclusion (HI) a publié en avril 2026 un rapport alarmant sur la situation des personnes handicapées au cœur de la crise humanitaire au Liban, intitulé “Leaving no one behind - Making Persons with Disabilities Visible in Lebanon’s Crisis” (Ne laisser personne de côté - Mettre en lumière la situation des personnes handicapées dans le contexte de la crise au Liban), disponible uniquement en anglais pour le moment.
Le problème en chiffres
À la mi-mars 2026, plus de 1 600 ménages dont la personne responsable est handicapée ont été recensés dans des abris collectifs au Liban. Au total, au moins 2 469 personnes handicapées ont été identifiées dans ces structures d'accueil, parmi lesquelles 1 300 ont un handicap physique, 761 un handicap mental, 481 un handicap auditif et 338 un handicap visuel.
Au niveau national, les personnes handicapées représenteraient environ 10 % de la population libanaise, soit plus de 400 000 individus. Des dizaines de milliers d'entre elles ont trouvé refuge dans des camps informels, dans des voitures ou des bâtiments en construction, passant souvent sous les radars des systèmes d'aide humanitaire.
Évacuations bâclées, abris inaccessibles
Lors des évacuations d'urgence, de nombreuses personnes handicapées n'ont pas pu fuir dans des conditions sûres. Pire encore, beaucoup ont dû abandonner les aides à la mobilité qui leur sont essentielles – fauteuils roulants, prothèses, médicaments – aggravant leur vulnérabilité dans les camps de personnes déplacées.
Les abris collectifs sont inadaptés : les couloirs sont encombrés, les toilettes accessibles uniquement par des escaliers, l'électricité fait défaut, l'intimité est inexistante, etc. Pour les personnes à mobilité réduite, particulièrement pour les femmes handicapées, ces conditions multiplient les risques de chutes, d'isolement social et de violences.
Un système de santé sous forte pression
Pour les personnes handicapées, l'accès aux soins essentiels, notamment aux médicaments pour lutter contre les maladies chroniques, au suivi médical régulier et aux services de réadaptation (déjà limités avant la crise) s'est considérablement réduit. Aucun mécanisme n’existe pour remplacer les aides à la mobilité – indispensables pour se déplacer, communiquer ou accomplir les gestes du quotidien – perdues lors des évacuations.
Une réponse humanitaire à repenser
Le handicap n'est pas encore intégré comme une priorité systématique dans la réponse humanitaire au Liban. Les données par type de handicap font cruellement défaut, rendant les personnes concernées invisibles dans les évaluations des besoins et l'allocation des ressources. Les organisations de personnes handicapées sont quasi absentes des instances de décision, ce qui prive la réponse humanitaire de leur perspective essentielle.