Israël réitère ses menaces aux habitants du sud du #Liban en dépit du cessez-le-feu
libnanews.com/israel-reitere-s…
L'avertissement diffusé lundi par l’armée israélienne marque un tournant dans la séquence ouverte par le cessez-le-feu.
Depuis vendredi, des déplacés libanais recommençaient à prendre la route du Sud, l’armée libanaise accompagnait les retours et les services publics rouvraient des axes abîmés par les frappes. Mais, avec un texte en arabe adressé directement aux habitants et une infographie détaillant une large zone rouge, Israël a choisi de replacer la trêve sous une menace explicite : des dizaines de villages restent, selon lui, hors de portée des civils. Le message est net. Les habitants ne sont pas seulement appelés à la prudence. Ils sont sommés de ne pas franchir une ligne de localités tracée par l’armée israélienne à l’intérieur du territoire libanais. Le document cite 21 villages formant une sorte de front intérieur, du littoral de Tyr jusqu’aux secteurs orientaux de Marjayoun et de Kfar Chouba. Au-delà de cette ligne, les civils sont invités à ne pas se déplacer. Plus loin encore, plus de cinquante villages et localités sont expressément désignés comme interdits au retour.
La formule utilisée est d’ailleurs soigneusement choisie. Le texte dit agir « par souci pour votre sécurité et celle des membres de vos familles ». La menace se présente ainsi comme une protection. Le vocabulaire de l’ordre militaire est reformulé dans le registre de la précaution. Pourtant, pour les habitants du Sud, la réalité demeure celle d’une armée étrangère qui décide si l’on peut ou non revenir chez soi. Cette façon de s’adresser directement aux civils change la nature du cessez-le-feu. Dans un schéma classique, une trêve réduit la violence et permet aux habitants de regagner progressivement leurs villages, sous réserve de sécurisation. Ici, la trêve reste encadrée par une autorité militaire israélienne qui fixe elle-même les limites du retour. Ce n’est plus seulement un arrêt partiel des combats. C’est une suspension sous condition.
Le document est d’autant plus lourd qu’il intervient après plusieurs jours de confusion. Certains habitants ont pu revenir dans des localités du Sud. D’autres en ont été empêchés. Des municipalités ont appelé à la prudence. Le Hezbollah lui-même a recommandé à plusieurs familles d’attendre encore avant de rentrer dans les zones les plus exposées. L’avertissement israélien tranche dans cette zone grise : il substitue à l’incertitude une interdiction nominative. Une ligne intérieure tracée en territoire libanais La première originalité de l’avertissement réside dans la ligne qu’il dessine. L’infographie diffusée lundi montre un tracé rouge courant d’ouest en est à l’intérieur du sud du Liban. Ce tracé ne suit pas la frontière reconnue. Il s’enfonce dans le territoire libanais. C’est là tout l’enjeu. Les localités citées dans ce premier cercle sont clairement identifiables.
Le texte mentionne notamment Mazraat Bayt al-Sayyad, Majdal Zoun, Zibqin, Yater, Sribbine, Haddatha, Beit Yahoun, Chaqra, Majdal Selm, Qabrikha, Froun, Zawtar al-Gharbiya, Yohmor al-Chqif, Arnoun, Deir Mimas, Marjayoun, Ibl al-Saqi, al-Mari, Kfar Chouba, Aïn Qinya et Aïn Ata. Cette liste ne relève pas du détail technique. Elle matérialise une ligne d’arrêt.
Autrement dit, le texte ne se contente pas de dire que certains villages frontaliers restent dangereux. Il affirme qu’il ne faut pas se déplacer au sud d’une ligne de villages libanais définie unilatéralement par Israël. C’est une manière de déplacer la frontière pratique du cessez-le-feu. La ligne internationale subsiste sur les cartes officielles. Mais, dans les faits, une autre ligne, militaire, est proposée aux civils comme limite du retour. L’effet politique est immédiat. Une zone du Sud n’apparaît plus comme un espace libanais provisoirement touché par la guerre, appelé à être réoccupé par ses habitants dès que les conditions le permettent. Elle est redéfinie comme une profondeur défensive israélienne. Le changement de vocabulaire est fondamental.
On passe du langage de la trêve à celui du glacis.
Le document ajoute à cette ligne un second interdit. Il est dit qu’il n’est pas permis de s’approcher de la zone du Litani ainsi que des vallées du Salhani et du Salouqi. Là encore, il ne s’agit pas d’une précision secondaire. Le Litani occupe une place centrale dans tous les calculs militaires et diplomatiques autour du Sud-Liban. Le mentionner dans un ordre adressé aux civils élargit considérablement la portée de la mise en garde. En clair, Israël ne borne pas seulement une bande frontalière. Il projette aussi ses interdictions vers des axes, des vallées et des zones de circulation majeures. Cela revient à élargir la pression bien au-delà du seul contact immédiat avec la frontière.
1/4
#Liban #Lebanon #YellowZone
#StopIsraelWarCrimes